Il est 8 heures, après m'être planté de direction avec un taxi-service (taxi collectif à 1€), que tout le monde prend ici, j'arrive à l'hôpital de Rafidia et me présente au service des urgences chirurgicales...
On m'accueille avec un grand sourire et des "welcome", "enchanté", "bonjour", etc. Le chef de service est un homme d'environ 50 ans. Une sorte d'Eric Tabarly palestinien, Doktor Abd El Kareem, que tout le monde appelle Cheikh.Il en a vu en matière d'urgences, avec les deux intifadas. Il parle peu mais est très sympathique. Il a étudié en Allemagne et malheureusement parle peu d'anglais... D'ailleurs, peu de gens le parlent... Ainsi, la plupart du temps, les échanges se font par des mots, des gestes... Un peu juste pou mener un interrogatoire. Il ne me reste qu'à apprendre l'Arabe, rien de plus...
Un autre médecin, Doktor Khalid, qui vient d'achever son parcours de 8 ans d'études au Portugal, me prend "sous son aile". Il parle très bien espagnol, ce qui me fait franchement plaisir! Ici presque tous les médecins ont étudiés hors de la Palestine car les facultés existent depuis moins de 10 ans. Russie, Ukraine, Allemagne (du bloc soviétique de l'époque), mais aussi fréquemment Égypte, Algérie, France (Lille) et Portugal.
Il y a peu d'activité ce matin, ce qui est a priori assez inhabituel, alors on en profite pour prendre des cafés dans la boutique face à l'hôpital. Je rencontre un chirurgien qui a fait son parcours en Algérie et me parle en français. Il me fait visiter l'hôpital, le service de chirurgie plastique où il n'y a pas les mêmes patients qu'en France... Ici, on traite surtout les grands brûlés, car c'est le seul centre de toute la Palestine. On passe dans le service de chirurgie de femmes, celui des hommes, la réanimation, où se trouvent 4 lits.
On redescend aux urgences et là... C'est le rush, tout arrive par vagues et c'est un grand bazar avec souvent trois ou quatre personnes qui accompagne un patient. Les gens ne sont pas agressifs malgré l'attente qu'on leur impose et leur douleur.
Beaucoup de patients viennent pour chutes. On reçoit notamment un jeune garçon d'environ 14 ans, qui est tombé de 8 mètres. Il s'est cassé 3 côtes à droites ce qui a perforer sa plèvre : pneumothorax. Plus de peur que de mal car lorsqu'il est arrivé, porté par un de ces sacs de sable d'un mètre cube, il paraissait mal en point. Un bloc opératoire s'improvise dans un des box, séparé des autres par un rideau. Un des internes de chirurgie pose un drain. L'anesthésie locale est très locale... Quelques ml de lidocaine et c'est parti, sans attendre... Finalement, le patient à l'air de bien s'en tirer. On verra demain car l'asepsie était assez rudimentaire...
Ce fut le gros cas de la matinée qui se finit vers 14h30, sur les rotules. Retour au centre ville, un laf shawarma (Kebab en galette) et c'est repartira...
salut Pif, on ne comprend pas ta phrase "Plus de peur que de mal car lorsqu'il arrive, porter par un de ces sacs de sable d'un mètre " il doit manquer un bout. autrement, très intéressant tes différentes visites. et vive l'apprentissage des langues étrangères !
RépondreSupprimerEffectivement, j'ai du rater le copier coller... Je corrige ça...
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