Le bilan de ce premier stage est mitigé. En effet, ne parlant pas l'arabe, je comprends pas grand chose à ce qui se passe si il n'y a pas un interprète ou un médecin parlant anglais. Très peu de patients parlent anglais. Du coup, pas d'interrogatoire possible et l'examen clinique est difficile et très peu informatif, les gens ne comprenant pas ce que je veux d'eux et il se résume à des "wajah on?" "Ici, ça fait mal?" sans grande assurance... Mais d'une façon général, l'examen clinique est très succinct, par culture de la pudeur... À ce propos, je n'ai pas fais beaucoup de photos...
Les différences de pratique avec la France sont assez importantes, surtout aux niveaux de l'asepsie, de l'anesthésie, et du respect des protocoles (autant de protocoles que de médecins...). Certains examens sont faits inutilement (la radio de pied pour entorse de cheville est systématique, etc..). Mais les habitudes semblent évoluer entre les vieux et les jeunes médecins...
Le service des urgences
J'arrête avec les critiques, voici les points positifs : les cas que l'on a sont intéressants. Une chose qui m'a choqué au niveau des pathologies : le nombre de diabète II et ces complications (car peu traitement peu suivi), le faible nombre de BPCO, alors qu'ici tout le monde fume (les hommes, bien-sûr!). J'ai pas eu d'explication jusqu'à maintenant... Les gens (personnel et patients) sont sympathiques avec moi et se marre de mon arabe de débutant, qui tourne autour de quelques mots dont mon préféré, berbich (Tuyau= utile pour dire artère, veine, perfusion, sonde urinaire, drain, voire tendon, ligament, en cas de coup dur!) mais aussi dam (sang), rayahah (relax, gros gros succès), ana mabsut (je suis heureux, avec les variantes henta (tu), hewe(il), hiyi (elle)).
Meezo et Issam, mes profs d'arabe...
Du coup, mon stage est surtout un cours d'arabe improvisé, proposé par 2 infirmiers bénévoles et de sociologie, improvisé aussi, proposé par un jeune interne, qui a étudié au Portugal et parle espagnol. Et pour finir, une petite anecdote,
Anecdote
Aujourd'hui, un papi de la campagne, un tantinet dur de la feuille, a débarqué aux urgences et a commencé à papoter avec moi... J'ai essayer de lui expliquer que je ne parlais pas arabe (ana mesh bahki arabi) mais j'avais peur de réveiller les patients qui dormaient 2 étages au dessus pour me faire entendre...
Tout le monde autour souriait en regardant le papi charismatique, la visage tanné par le soleil, le keffieh (foulard rouge/noir et blanc, tenu par les 2 anneaux noir, en gros, celui d'Arafat) avec thop la tenue traditionnelle, la canne usée par le temps et les kilomètres, pas moins que ses genoux. Dans la même main où naît sa canne, un collier de perle, ou plutôt, un "". Il est en train de m'expliquer je ne sais trop quoi. Alors, il déplie un étui plastifié renfermant deux pochettes, l'une avec sa carte d'identité, et l'autre avec les portaits de ses deux héros : Yasser Arafat et Saddam Hussein, ici, très très populaire, il faut le savoir (En portrait à l'hôpital!). Il embrasse ses idoles et file un peu plus loin en boitillant, dandinant, et parlant à je ne sais pas trop qui... La classe...
Fin de l'anecdote
ciao...



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